TCS Baromètre des voyages 2016: Voyager en période de crises et de conflits mondiaux – Les préoccupations en matière de sécurité influencent les comportements de voyage

05.05.2026 | Sophie Schäfer, GFS Bern

L’envie de voyager en Suisse reste intacte, malgré les incertitudes croissantes à l’échelle mondiale. Toutefois, les considérations de sécurité conduisent de plus en plus souvent à modifier les destinations et les modes de voyage.

La perception de la sécurité prend de l'importance

Les crises et les conflits mondiaux marquent le sentiment de sécurité de la population suisse. Un tiers (33 %) des personnes interrogées a pris connaissance, au cours des douze derniers mois, d’informations qui ont influencé ses propres projets de voyage – un chiffre jamais atteint depuis le début de l’enquête. Ces informations sont majoritairement jugées négatives, et le sentiment d’insécurité lié aux voyages à l’étranger a également augmenté par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, il apparaît que cette perception n’entraîne pas pour autant un renoncement systématique aux voyages. Au contraire, les décisions en matière de voyage sont adaptées, par exemple en choisissant des destinations alternatives.

S'appuyer sur des sources d'information fiables

À mesure que l’incertitude grandit, le besoin d’informations fiables s’accroît également. Pour la majorité des personnes interrogées, les médias traditionnels constituent la principale source d’information pour évaluer les risques liés aux voyages (74 %). En complément, on a recours à des instances officielles telles que le DFAE (56 %) ainsi qu’aux portails de voyage en ligne (54 %). D’autres sources d’information restent en revanche nettement moins répandues, les réseaux sociaux (25 %) et les applications d’IA (16 %) jouant un rôle relativement secondaire. L’accent reste donc mis sur les canaux établis et perçus comme crédibles.

Les voyages restent stables, mais les destinations changent

Malgré des incertitudes accrues, les habitudes de voyage de la population suisse restent globalement stables. On observe même une légère augmentation de l’envie de voyager à l’étranger. Les changements dans les habitudes de voyage se manifestent donc principalement dans le choix des destinations. L’Amérique du Nord perd de son attrait, tandis que l’Europe en gagne. Ce glissement indique une préférence accrue pour des destinations géographiquement plus proches et perçues comme plus sûres.

Les préoccupations en matière de sécurité modifient les modes de déplacement

Les considérations de sécurité ont également une incidence sur le mode de voyage. Cela se traduit notamment par une nette baisse, par rapport à l’année précédente, de l’adhésion aux voyages hors des sentiers battus (65 %, -12 points de pourcentage). L’analyse des sous-groupes montre que plus les personnes interrogées jugent la situation à l’étranger incertaine, moins elles privilégient délibérément les voyages hors des circuits touristiques traditionnels. Cela indique que les considérations de sécurité conduisent à un recours accru à des formes de voyage connues et structurées. Dans le même ordre d’idées, la sensibilisation aux risques reste stable à un niveau élevé depuis ces dernières années. Ainsi, 62 % des personnes interrogées déclarent être devenues plus prudentes en raison des incertitudes mondiales.

Les formes de voyage traditionnelles et les aspects sociaux prédominent

Les escapades citadines constituent le type de voyage le plus populaire (47 %), suivies des vacances nature et paysage (43 %) et des vacances à la mer (41 %). Des différences apparaissent selon l’âge : les plus jeunes préfèrent les vacances à la mer, tandis que les personnes plus âgées optent plus souvent pour des séjours dans la nature. Les aspects sociaux jouent également un rôle : 56 % voyagent régulièrement avec des amis ou des connaissances. La planification des voyages est toutefois hétérogène. Alors qu’environ la moitié planifie plutôt à court terme (jusqu’à 3 mois à l’avance), une proportion similaire organise ses voyages plus longtemps à l’avance.

Le sentiment de surtourisme s'accentue

Avec la concentration accrue sur les destinations touristiques connues, les inconvénients typiques apparaissent plus souvent au premier plan. Ainsi, le surtourisme (34 %) ainsi que les temps d’attente et les embouteillages (28 %) sont de plus en plus perçus comme gênants. Les retards et les annulations dans les transports touchent également un nombre croissant de voyageurs (25 %, +9 points de pourcentage) par rapport à l’année précédente. D’autres aspects, tels que le niveau des prix ou les infrastructures, restent en revanche stables, mais continuent d’être importants pour une partie de la population.

Détails techniques

Les résultats s’appuient sur deux sources de données distinctes. D’une part, un sondage a été mené auprès de la population résidante de Suisse âgée de 18 ans et plus (n = 1 004). Ce sondage a été réalisé entre le 14 février et le 19 mars 2026 selon une approche mixte combinant des entretiens téléphoniques et des questionnaires en ligne. D’autre part, un sondage en ligne distinct a été mené auprès des membres du TCS (n=810). Celle-ci s’est déroulée entre le 17 février et le 31 mars 2026.

Pour l’enquête auprès de la population, la marge d’erreur est de ±3,1 points de pourcentage, et pour les membres du TCS, de ±3,4 points de pourcentage pour un niveau de confiance de 50 %.

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