Évaluation concomitante de la campagne nationale de prévention contre la violence domestique, sexuelle et sexiste

11.02.2025 | Sophie Schäfer, GFS Bern

Les résultats de la mesure de référence réalisée par gfs.bern pour le compte du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) montrent clairement que la violence est certes reconnue comme un problème social, mais qu’elle est rarement perçue comme un problème personnel.

Campagne nationale de prévention contre la violence domestique, sexuelle et sexiste - BFEG

L'égalité est très importante pour la société

Une nette majorité de 85 % de la population considère que l’égalité est très importante ou plutôt importante pour l’avenir de la société. Ce thème revêt une importance personnelle pour 63 % des personnes interrogées. Les jeunes femmes âgées de 16 à 39 ans y accordent une importance particulière (70 %). Chez les hommes du même âge, ce chiffre est de 57 %, ce qui représente également une majorité, bien que nettement moins importante.

Plus de la moitié des personnes interrogées (56 %) estiment que c’est sur le lieu de travail qu’il est le plus urgent d’agir en matière d’égalité. Viennent ensuite la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale (44 %) et la discrimination fondée sur l’origine ou la couleur de peau (35 %). Environ 30 % reconnaissent qu’il est urgent d’agir contre la violence sexiste, un résultat qui souligne l’objectif de la campagne nationale de prévention.

La violence est perçue comme un problème social plutôt que personnel

La violence domestique, sexuelle et sexiste est clairement perçue par la population comme un problème social plutôt que personnel. Cela indique que la violence est certes considérée comme un problème structurel, mais comme un problème qui touche principalement « les autres ».

Les comportements qui dépassent les limites sont clairement rejetés par une majorité. En particulier, l’envoi de messages intimes sans consentement est presque unanimement jugé inacceptable (95 % des femmes, 91 % des hommes). Les femmes évaluent les transgressions de manière nettement plus critique que les hommes.

Expériences et observations personnelles en matière de transgressions

Près de la moitié des personnes interrogées (47 %) déclarent ne connaître aucune victime de violence domestique, sexuelle ou sexiste. Dans le même temps, 30 % indiquent qu’il y a des victimes dans leur cercle d’amis ou leur famille. Chez les jeunes femmes, ce pourcentage est nettement plus élevé, atteignant 42 %. Environ un cinquième de la population (22 %) a également été témoin de situations de violence dans l’espace public, par exemple dans la rue ou lors de sorties. 19 % des jeunes femmes et 4 % des jeunes hommes déclarent avoir eux-mêmes été victimes de violence.

Si l’on extrapole ces chiffres à l’ensemble de la population, on constate que la violence psychologique est la plus fréquente (7 %), suivie de la violence physique, du harcèlement sexuel et de la violence sexuelle.

De nombreuses victimes restent inactives – l'incertitude comme obstacle majeur

Près d’une personne sur deux (47 %) reste inactive en cas de violence domestique, sexuelle ou sexiste, par crainte qu’une intervention ne fasse qu’aggraver la situation. 31 % déclarent également ne pas avoir su à qui s’adresser ou ne pas avoir pris l’incident suffisamment au sérieux à l’époque. En outre, près d’un quart (22 %) ne sont pas sûrs que ce qu’ils ont vécu puisse être considéré comme de la violence. Ces résultats montrent que l’incertitude et le manque d’information constituent des obstacles majeurs à une action active.

Prévention de la violence par la communication et l'égalité

Une grande majorité de la population (88 %) est convaincue que la violence est moins fréquente lorsque les gens apprennent dès leur plus jeune âge à parler de leurs sentiments et de leurs limites. Deux tiers (66 %) considèrent également l’égalité entre les femmes et les hommes comme un facteur de protection important contre la violence.

Dans le même temps, des schémas de pensée stéréotypés persistent. Six personnes sur dix (60 %) pensent qu’un comportement ou une tenue vestimentaire provocante peut inciter à dépasser les limites, et un quart estime que les rôles traditionnels contribuent à réduire les conflits. Ces idées montrent que les stéréotypes sexistes sont toujours très répandus.

Détails techniques

L’enquête a été réalisée pour le compte du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG). Entre le 16 septembre et le 27 octobre 2025, 1 564 personnes âgées de 16 ans et plus, résidant en Suisse, ont été interrogées dans le cadre d’une enquête en ligne. L’échantillon a été pondéré en fonction de l’âge, du sexe, de la langue, du type d’habitat, du niveau de formation et de la religion. La marge d’erreur est de ± 2,5 % avec un niveau de confiance de 95 %.

 

Vous trouverez plus de détails sur l’étude dans notre cockpit (en allemand)


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