Égalité dans le canton de Schwytz : large adhésion, mais un besoin d’action clair
L’égalité bénéficie d’une grande reconnaissance dans le canton de Schwytz. Parallèlement, une nouvelle étude de gfs.bern montre que des inégalités persistent dans la vie quotidienne de nombreuses personnes – notamment en matière de salaires, de conciliation entre vie familiale et professionnelle, ainsi que de prévention de la violence.
Une nette majorité de la population schwytzoise accorde une grande importance à l’égalité. 79 % la jugent importante pour le développement de la société, et 71 % également pour leur vie personnelle. Dans le même temps, sept personnes sur dix déclarent avoir déjà vécu, dans leur quotidien, des situations donnant le sentiment que l’égalité n’est pas encore pleinement réalisée. Les femmes perçoivent particulièrement souvent ces lacunes.
Lorsqu’il s’agit de champs d’action concrets, trois priorités se dégagent nettement. L’égalité salariale arrive clairement en tête : environ 70 % de la population y voient un besoin de rattrapage. La conciliation entre vie familiale et professionnelle – en particulier en ce qui concerne l’accueil des enfants – ainsi que la prévention de la violence sont également souvent citées. En revanche, l’égalité politique, comme la représentation dans les fonctions publiques, n’est jugée urgente que par une minorité.
Un large consensus se dégage par ailleurs sur la question du droit de la famille. Environ sept personnes sur dix estiment qu’il existe un besoin d’action et perçoivent des désavantages touchant les hommes. Ce résultat montre que l’égalité n’est pas comprise de manière unidimensionnelle par la population, mais qu’elle englobe également des domaines dans lesquels des désavantages structurels sont perçus du côté des hommes.
Une personne interrogée sur quatre indique avoir vécu, au cours des douze derniers mois, des expériences de discrimination liées au genre. Cette proportion atteint 35 % chez les femmes, contre 15 % chez les hommes. Ces expériences surviennent le plus souvent dans le contexte professionnel, mais des désavantages sont également ressentis dans la vie quotidienne.
Le besoin d’action apparaît particulièrement marqué en ce qui concerne les violences sexualisées. 61 % des femmes âgées de 18 à 39 ans estiment que le harcèlement sexuel est plutôt ou très répandu. Chez les jeunes hommes, cette proportion n’est que de 31 %. Les mesures jugées les plus efficaces sont un durcissement des peines à l’encontre des auteurs, complété par davantage de prévention, de sensibilisation et une meilleure aide aux victimes.
Une analyse de clusters met en évidence trois grandes attitudes au sein de la population schwytzoise. Environ la moitié appartient au groupe des personnes fortement favorables à l’égalité, tandis qu’un autre tiers y est globalement ouvert. À l’inverse, une minorité de 18 % accorde peu d’importance à l’égalité et s’attache davantage à des rôles traditionnels. Au total, 82 % de la population identifient toutefois des problématiques concrètes et reconnaissent un besoin d’action.
Les résultats reposent sur une enquête en ligne représentative menée auprès de 1’269 habitantes et habitants du canton de Schwytz âgés de 16 ans et plus. L’enquête s’est déroulée entre le 20 juin et le 4 août 2025. L’échantillon a été pondéré selon l’âge, le sexe, le type d’habitat, le district et l’affinité partisane. La marge d’erreur est de ±2,7 points de pourcentage avec un niveau de confiance de 95 %.
Des informations complémentaires et les résultats détaillés figurent dans le rapport final « Égalité dans le canton de Schwytz 2025 » (en allemand) de gfs.bern.