Dans un contexte d’insécurité géopolitique, des relations stables avec l’UE gagnent en importance

16.06.2026 | pour le compte d'Interpharma

La Suisse et l’Europe en 2026

L’étude «Place suisse 2026», réalisée à la demande d’Interpharma, fait état d’un soutien toujours aussi large en faveur de la voie bilatérale et d’une base susceptible de rallier une majorité pour le paquet Suisse-UE. C’est précisément en ces temps d’incertitude économique et géopolitique que se renforce le souhait d’entretenir des relations stables avec l’UE, partenaire commercial de la Suisse.

Les accords bilatéraux continuent de bénéficier d'un large soutien

La population suisse continue de porter un regard majoritairement positif sur les accords bilatéraux avec l’Union européenne. Si la perception des avantages a légèrement reculé par rapport aux sommets atteints précédemment, la perception positive l’emporte néanmoins clairement. Dans le même temps, la proportion de personnes qui reconnaissent à la fois des avantages et des inconvénients est en hausse.

Les considérations économiques influencent particulièrement fortement l’évaluation des accords bilatéraux. L’accès au marché européen des exportations, la suppression des obstacles techniques au commerce, l’accès à la main-d’œuvre qualifiée étrangère ainsi que la participation à des programmes de formation et de recherche sont perçus comme des avantages essentiels par une large majorité. Certaines réserves à l’égard de l’UE persistent toutefois. Ainsi, de nombreux électeurs considèrent l’UE comme bureaucratique et voient des risques pour les salaires et les institutions sociales en raison de la libre circulation des personnes. Dans l’ensemble, cependant, l’opinion selon laquelle les avantages des accords bilatéraux pour la Suisse l’emportent sur les inconvénients qui y sont liés continue de prévaloir.

 

Les incertitudes économiques renforcent le désir de relations stables

Dans un contexte marqué par de multiples crises et conflits géopolitiques, l’importance de relations stables avec l’UE s’accroît aux yeux de nombreux électeurs. L’opinion selon laquelle la Suisse dépend de l’UE est nettement plus répandue que les années précédentes. Le soutien à l’idée que l’accès au marché suisse peut être garanti par la reprise du droit de l’UE et qu’une procédure de règlement des différends entre la Suisse et l’UE est nécessaire est également en nette hausse par rapport à janvier 2025.

Cette évolution se reflète également dans les scénarios d’avenir. Avec 53 % d’avis favorables, le développement des accords bilatéraux assorti de la reprise du droit de l’UE est le seul modèle susceptible de rallier une majorité. En revanche, l’adhésion à l’EEE, un accord de libre-échange en lieu et place des accords bilatéraux ou le renoncement à un développement des accords existants recueillent moins de soutien. Il apparaît ainsi que ce sont surtout les modèles pragmatiques de coopération avec l’UE qui restent susceptibles de rallier une majorité, tandis que les positions extrêmes en matière de politique européenne continuent d’être clairement rejetées.

 

Une approche pragmatique axée sur les avantages renforce l'accord entre la Suisse et l'UE

Le paquet Suisse-UE négocié bénéficie actuellement d’un soutien suffisant pour obtenir la majorité. Si le vote avait lieu aujourd’hui, 62 % des électeurs approuveraient ce paquet, tandis que 31 % le rejetteraient. L’idée selon laquelle le moment est venu d’instaurer une coopération stable avec l’UE, ainsi que celle selon lesquelles l’industrie d’exportation suisse a besoin d’actualisations régulières en matière d’accès au marché, recueillent un soutien particulièrement élevé.

La conviction que ce paquet constitue une condition préalable à la conclusion de nouveaux accords avantageux pour la Suisse s’avère être le principal facteur de soutien. En revanche, ce sont surtout les arguments critiques à l’égard de la souveraineté et de l’intégration qui ont un effet négatif sur la probabilité d’un « oui ». Les personnes qui estiment que c’est toujours la Cour de justice européenne qui tranche en fin de compte ou que la libre circulation des personnes ne profite qu’à l’UE se montrent particulièrement sceptiques. Ces deux craintes ne sont toutefois partagées que par une minorité.

Détails techniques

L’institut de recherche gfs.bern a mené cette étude pour le compte d’Interpharma. 2 050 personnes ayant le droit de vote en Suisse, issues des trois régions linguistiques, ont été interrogées. L’enquête s’est déroulée entre le 1er avril et le 12 mai 2026. Une approche mixte a été utilisée, comprenant 715 entretiens téléphoniques (CATI, numérotation aléatoire) ainsi que 1 335 entretiens en ligne via le panel «Polittrends» de gfs.bern. Les résultats ont été pondérés en fonction de caractéristiques sociodémographiques et politiques. La marge d’erreur statistique est de ±2,2 points de pourcentage avec un niveau de confiance de 95 %.

Vous trouverez de plus amples informations sur l’étude et ses résultats détaillés dans le Web-Cockpit en allemand et en français.

Cliquez ici pour accéder au questionnaire en allemand.


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