Les armes: la force d’organisation ne vaut pas un référendum

Législation sur les armes: la force d’organisation ne vaut pas un référendum

15.05.2019 | Lukas Golder

Au début de la campagne autour de la législation suisse sur les armes, le degré d’organisation des partisans du port d’arme était impressionnant. Avec l’aide de l’UDC, ils ont réussi à recueillir en quelques mois un nombre de signatures plus que suffisant pour un référendum, tout en étant très actifs lors des discussions en ligne.

L’UE a renforcé sa législation autour des armes. En tant que membre des accords de Schengen et de Dublin, la Suisse doit suivre la tendance. Les associations de tireurs se mobilisent contre la révision des lois suisses sur les armes. Elles n’ont eu aucun problème à se faire entendre dans leurs propres rangs. Comme le montre notre analyse post-vote, plus un canton compte d’associations de tireurs par millier d’habitants, moins les votes en faveur de la nouvelle législation sur les armes étaient nombreux.

Toutefois, au-delà de ce noyau dur, leurs arguments n’ont eu quasiment aucun écho. Pour finir, ce sont les opinions de la coalition des partisans de cette législation qui l’ont nettement emporté. Ils avaient choisi de placer Schengen/Dublin et les relations bilatérales au premier plan de leur campagne.

Le vote autour de la législation sur les armes l’a prouvé: la force d’une organisation est une chose, le poids d’un référendum contre une force nettement supérieure en est une autre. La réserve de l’UDC pendant la phase de campagne a donc joué un rôle important dans l’importante proportion finale de «oui». L’UDC souhaitait transformer le sujet Schengen-Dublin en discussion de fond sur l’UE, mais les accords sont trop populaires aujourd’hui pour faire l’objet d’un tel débat.

Même si les sympathisant(e)s de l’UDC ont presque tous voté contre la nouvelle législation sur les armes, ce rejet ne suffit apparemment pas à lui seul à mobiliser suffisamment de cercles conservateurs.

La post-analyse montre que dans le contexte de la législation sur les armes, la Suisse individualisée s’est imposée face à une Suisse traditionnelle et organisée en associations.

Quelles modifications apportera la révision?

Ce renforcement de la loi suisse sur les armes concerne les fusils d’assaut semi-automatiques dont la capacité du chargeur dépasse dix cartouches, ainsi que les pistolets d’une capacité de plus de 20 tirs. Les propriétaires de ces armes doivent demander une autorisation exceptionnelle, et non plus un permis d’acquisition comme c’était le cas auparavant. Toutefois, le Conseil fédéral a pu négocier avec l’UE pour obtenir une réglementation spéciale: les fusils d’assaut pourraient être repris directement après le service militaire, sans autorisation exceptionnelle.